La nuit des aurores boréales

Aurore polaire, aurore australe ou aurore boréale, vous connaissez ?
En gros (en gros hein), c’est comme si Shrek faisait un gros prout, et que ça se diffusait partout dans le ciel (oui, c’est connu, les prouts ça monte …).
Sinon, une autre description existe : Quand le soleil s’excite, il balance des ions à notre intention (oui, nous tous, et toi encore plus). Et c’est la rencontre de ces ions avec notre atmosphère qui produit ces nuages colorés (essentiellement vert).
Les plus curieux pourront faire un tour sur la page Wikipedia des aurores polaires.

Quelques mois avant …

Je ne sais pas vous, mais moi, les aurores boréales m’ont toujours fasciné. Elles font partie de « ces choses qui existent, mais pas chez nous … ». Et chez nous, c’est le sud. Là où le soleil se lève et se couche « normalement » au lieu de sortir s’éclater en boite.

En préparant notre voyage, j’ai bu le café avec plusieurs amis ayant déjà une ou plusieurs expériences en Islande (Merci notamment à Laurence, Corinne & Nico). Après une bonne dose de caféine, une pincée de rêve et une pointe de réalisme, ma conclusion était la suivante : Dans le meilleur des cas, je pourrais faire des photos d’aurores boréales, mais il y a peu de chances que je les vois avec mes yeux.

Cette idée était la mienne avant et durant notre séjour, jusqu’à la nuit où …

Quelques mois plus tard …

Durant notre road trip en Islande, nous avions pour habitude de chercher un resto pour le soir durant les trajets en voiture (ben oui, il faut bien s’occuper). Mais au 3e jour, nous avions eu une journée très chargée, épuisante mais pas moins kiffante !
De plus, la guesthouse où nous logions pour la nuit était complètement isolée. Pas un chat à 10km à la ronde (à la limite, des chevaux, pleins de chevaux :) ). Bref, nous décidons de manger sur place. Ce qui n’était pas une mauvaise idée car une fois encore, la qualité du poisson en Islande est fidèle à sa réputation !

Nous arrivons aux alentours de 21 heures à Vatnsholt : quelques petites structures sympathiques au milieu de rien et un accueil très chaleureux de la gérante (attention, poignée de main les yeux dans les yeux, Ségolène Royal Style !).
Un autre groupe était déjà sur place, des français évidemment, des parisiens de surcroit. Soit, on ne va pas aller jusqu’en Islande pour se battre ? :)
Nous dinons dans une grande salle décorée de dizaines de photographies d’aurores boréales. La gérante annonce : ce soir les prévisions d’aurores boréales sont de « Level 2″. Il faut surveiller à partir de minuit !

Level 2 (sur 9 levels) correspond visiblement à un niveau assez bas, peu visible à l’œil nu. Mais nous restons confiants car le plus important était que le ciel était sensé se dégager vers minuit.

Après le diner, nous nous rendons dans notre petite maison avec 3 chambres et un grand salon (si vous voyagez en groupe, je vous conseille cet endroit !). On se pose, crevé, et nous parlons de tout et de rien …

L’heure H

Je ne vous cache pas que j’étais tellement fatigué que le fauteuil du salon me retenait comme une moule retient son rocher (ou est-ce l’inverse ?). La compagnie de Nico et de Camille (Voir le récit des glaciers pour la présentation de l’équipe) était cool, Stefano était parti se coucher avec comme instruction de le réveiller en cas de « Shrekerie » dans le ciel. Corinne avait disparu.

A 23h45, Corinne réapparait avec son appareil photo, calme et sereine, en lançant à la foule anesthésiée cette phrase que les enfants de demain pourront lire dans les livres d’histoire : « Je crois que ça a commencé! »

Il m’a fallu un long moment pour me retourner, imprimer ce qu’elle vennait de dire, diriger mes yeux vers l’écran de son boitier et voir la grosse tache verte qu’il affichait. Par contre il m’aura fallu très peu de temps pour m’habiller, chopper mon boitier et mon trépied, faire mes réglages et sortir. Je crois bien que je n’ai jamais été aussi rapidement opérationnel. C’était la panique sur le périphérique ! (Une spéciale dédicace au réveil catastrophique de Stefano !)

On se retrouve tous dehors, on lève la tête au ciel, et là, rien ! On arrive à peine à distinguer une différence de nuance dans le ciel. Je n’ai pas le temps de m’attarder sur le regard d’autoroute de Camille & Stefano. Je cadre (comme un bourrin) et déclenche. On ne nous avait pas menti, il y a bien du vert dans le ciel, mais l’œil ne le voit pas.

Une tache verte dans le ciel !

 

J’ai à peine le temps de regarder la photo que je viens de prendre sur mon écran de boitier que le vert dans le ciel devient visible à l’œil. Le vert s’amplifie, devient intense, commence à bouger, il y a des vagues dans le ciel …

– Putain les gars regardez là !
– Derrière derrière …
– Putain la baaaaaas
– ooooooooowwwwwwwwwww
– …

Je ne pourrais pas vous décrire l’émotion. Nous étions comme des gamins, à courir dans tous les sens, à crier, à regarder partout dans le ciel, et ça a duré 1 heure ! Voici les quelques photos que j’ai pu prendre. Je ne vous cache pas que mon matériel a vite montré ses limites. Considérez donc que c’est du reportage, dans l’espoir de déclencher chez vous l’envie de voyager ;)

Et le ciel redevient normal, enfin presque …

Ça aura été une formidable expérience, et une nuit blanche. Oui, je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit ! Car si le ciel est redevenu « normal », une large bande verte, façon arc-en-ciel a squatté les lieux toute la nuit.

Je me refuse de faire des aurores boréales un objectif de voyage, mais une chose est sûre, j’ai pris rendez-vous avec le ciel finlandais dans un peu moins d’un an, et cette fois, je serais bien équipé ! (Zauriez pas 3000 euros à me prêter ?). En attendant : « keep calm and explore the world » !