Balade à Bellecour

En sortant du métro à Bellecour, elle remontât instinctivement son col, la brume de décembre était toujours de la partie.
Guidée par la lumière de l’hôtel Royal, elle arriva près du clocher des anciens hospices. C’est là qu’elle devait le retrouver.
Un monument de triste mémoire avait été planté sur cette place depuis son départ de Lyon.
Comment rester là à attendre sans être tentée d’aller inspecter la « grande roue », si solitaire maintenant que la fête des Lumières s’est éteinte…
Et pourquoi ne pas retourner faire un tour dans son ancienne librairie préférée ? Là où il lui avait offert son premier rocher au chocolat. Ne serait-ce pas trop nostalgique ? Tant-pis !
Elle se dirigeât sans hésiter vers Decitre, appelée par les guirlandes des vitrines… et la lumières des cafés où les gens se réchauffaient, eux, devant un bon thé.
Deux Velo’v chevauchés par des étudiants fougueux filèrent sur sa droite alors qu’elle traversait la Place. Comment faisaient-ils par un froid si humide sur leurs machines aux quatre-vent ?..
Elle continuât vers la librairie.
On avait refait complètement le jardin pour enfants depuis.
Même les kiosques avaient eu droit à un lifting mérité. Leur toitures « belle-époque » se découpaient en ombres chinoises dans le Fog lyonnais.
Mais sans s’en rendre compte, ses pas la menaient plus au nord de la place. C’est alors qu’elle longeait le « Rectangle », que son cœur se serra ! Devant elle le monument consacré à St.Exupery et son inséparable « Petit Prince ».
Elle devina sa silouhete élancée et les deux héros perchés dessus.
Elle aurait pu faire demi-tour, se réfugier dans un café, mais elle voulut relire la phrase gravée au pieds du monument : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».